La qualité de vie, où est-elle?
Jeudi, juillet 3rd, 2008Etant née dans le Périgord, je peux être témoin de l’évolution de ma région sur plus de 50 ans… Fille d’agriculteur je suis partie faire des études à Toulouse contre le gré de mes parents et suis devenue fonctionnaire. Les conditions matérielles se sont améliorées mais la qualité de vie, où est elle?
Mon mari et moi sommes très imprégnés du charme de la vallée de la Dordogne, toujours verdoyante et paisible, et avons décidé en 1989 de restaurer une maison laissée à l’abandon depuis plus de 50 ans dans la propriété des parents. En effet mon grand-père a acheté, pour agrandir une exploitation agricole familiale trop petite, une ferme à quelques distance de Peyrillac pour exploiter les 5 hectares d’excellente terre, sans se soucier des bâtiments.
J’ai participé ainsi que frère et soeurs à la culture du tabac. Oui, ces belles plantes vertes remplies de nicotine…demandant beaucoup de main d’oeuvre, surtout pendant les vacances scolaires. Les pieds de tabac récoltés, chargés sur nos épaules, étaient montés au grenier pour y être suspendus sur des fils de fer tendus, et ceci dans la chaleur de la journée parfois insupportable car il fallait que les feuilles soient ramollies pour ne pas craquer. Ces souvenirs révèlent des moments de travaux pénibles à nous tous, à monter les 2 étages de la maison abandonnée, par cet escalier…qui est maintenant ciré et reste la pièce maîtresse de la maison.
Je suis la seule des enfants à vouloir revenir dans ces lieux quand mon père décide de vendre cette maison en 1989 et avec mon mari nous commençons les travaux d’infrastructure en y consacrant toutes nos vacances. Les pièces du bas deviennent une grande salle à vivre et la cave attenante une cuisine. Nous conservons l’évier en pierre et le cantou, grande cheminée flanquée de chaque côté de coffres qui contenaient les jambons à faire sécher. Ces coffres servaient de siège pour profiter de la chaleur de l’âtre. Nous faisons maintenant de magnifiques feux en hiver avec de gros tisons de bois.
Lors de la restauration, les matériaux utilisés ont été choisis dans la région : sol en pierre calcaire, charpente en châtaigner,… Quant aux sanitaires qui révélaient pour nous vraiment le confort installé, on a choisi le haut de gamme. Nos enfants ont aussi contribué aux travaux en faisant la file indienne pour se faire passer les tuiles qui ont recouvert le four à pain que l’on a dégagé des ronces et du lierre. On a mis à jour un puits qui sert pour l’arrosage et nettoyé les abords pour faire revivre les vieux buis.
Nous avons décidé d’ouvrir des chambres d’hôtes quand mon mari a pris la retraite en continuant toujours l’aménagement des lieux. Je me consacre plus volontiers à la décoration et à la réalisation d’un jardin à thème en trouvant mon inspiration dans les jardins voisins (Jardins du Manoir d’Eyrignac, Jardins de Cadiot). Devinez aussi pourquoi je cultive les groseillers, les framboisiers, les cassissiers…pour emplir la maison de l’odeur des confitures.
Et pour finir l’histoire de la propriété familiale, les terres sont plantées en peupliers. Un seul agriculteur jeune reste dans le village. Je peux vous en dire plus sur cette belle région si vous venez nous voir.
Vous serez toujours les bienvenus!!
Anne-Marie
Peyrillac















